Diaz de Haro, María

María Díaz de Haro, la fondatrice de Portugalete était la fille du VIIe Seigneur de Bizkaia, Lope Díaz de Haro III, marié en 1269 avec la fille de l’infant de Castille Alonso de Medina.

Mariée très jeune, avec l’infant Jean de Castille, frère du roi Sanche, elle dut vivre une époque hasardeuse aux grandes turbulences, intrigues et luttes internes.
Ainsi, en 1288, une année après son mariage, son père fut assassiné à Alfaro par le roi castillan et son mari emprisonné.

Son frère Diego, qui hérita du titre de Seigneur de Bizkaia, mourut l'année suivante.

De cette manière lui revint la Seigneurie selon la Juridiction, bien que le pouvoir réel fût exercé par le roi castillan qui envahit la Seigneurie, jusqu'à ce qu’en 1295, son oncle Diego López de Haro, l’Intrus, la lui quitta en profitant des troubles qu'il y avait en Castille à cause de la minorité d'âge de Ferdinand IV

Ce D. Diego, qui fonda Bilbao en 1300 fut toujours confronté au prince Jean qui, en tant que mari de MARÍA DÍAZ de HARO, prétendait à la Seigneurie pour celle-ci.

En 1307, D. Diego, face aux biscaïens réunis dans l'Assemblée d'Arechabalaga, la reconnut comme véritable héritière de son frère et demanda qu'ils la reconnussent et l’acceptassent à sa mort comme Dame de Bizkaia. Par cet acte fut réglé une longue question qui avait ensanglanté pendant des années notre pays et qui, trois années plus tard, à la mort de D. Diego dans la siège d'Algésiras, lui permit de récupérer la Seigneurie.

Son second mandat, qui commence en 1310, avec la demande des Bilbotarras de la légitimation de leur charte de fondation, finit en 1322 avec la fondation de Portugalete et la mort de son mari dans la guerre contre les maures.

La fondation de notre Ville fut une décision juste, vu la situation si stratégique qu'elle occupait dans la région qui s’étendait de Somorrostro à Luchana et qui était basée sur sa parfaite connaissance de la zone et ce n’est pas pour rien, comme le dit Coscojales, qu’elle avait vécu à Santurtzi où elle avait un château fort.
Après avoir fondé le couvent de dominicaines de Valencia de Campos et avoir pris l’habit dans celui de Perales, cette même année, elle céda la Seigneurie à son fils Jean « le Borgne », qui avait été à la cour comme tuteur d’Alphonse XI et qui l'avait obligée en tant que bonne mère, à effectuer des diligences pour contenir son caractère turbulent et son mauvais comportement dans ces terres castillanes.

Celui-ci fut assassiné en 1326 par ordre d’Alphonse XI, qui se méfiait du grand pouvoir qu'il acquérait (il avait décidé son mariage avec la petite-fille du roi d'Aragon) et qui lui confisqua ses biens de Castille, en prétendant en outre à la Seigneurie.

Doña María récupéra à nouveau ses droits face aux tentatives du roi pour les usurper ou tout au moins pour qu’elle les lui vendît, ce à quoi n’ accédèrent pas les biscaïens.

Outre la fondation de Portugalete, elle avait fondé en 1325 Lekeitio et en 1327 Ondárroa, mais dut confirmer à nouveau notre privilège le 11 juin 1333 car l’original était tombé à l'eau et s’était perdu.

En 1334, elle renonça définitivement à la Seigneurie en faveur de sa petite-fille, appelée aussi María Díaz de Haro, fruit des noces d’Isabelle de Portugal avec son fils Jean « le Borgne » et qui, mariée avec Juan Núñez de Lara gouvernerait durant les décennies suivantes. Coscojales dans ses manuscrits sur l'Histoire de Bizkaia, annote qu'à l’aube du mercredi 3 novembre 1342, décéda DOÑA MARÍA qui, pour ses faits, est connue et dont on se souvient sous le surnom de « la Bonne ». Il cite ensuite un nom illisible qui semble être Breasaichaga et qui selon Labayru pourrait bien être Berresonaga, et pour cela son décès se produisit dans la juridiction de Larrabezua.

Portugaleteko Udala
Solar Plaza, z/g - 48920 Portugalete - Bizkaia - Telefonoa: 94 472 92 00